
2750 textes d’émissions radiophoniques écrits et dits par Dom Helder ont été conservés. 67 d’entre eux ont été publiés en recueil à Rio de Janeiro, en 1976, aux éditions Civilização Brasileira, sous le titre : Um olhar sobre a cidade (Un regard sur la ville ; la ville étant, bien entendu, celle de Recife) : c’était le nom du programme quotidien, de cinq minutes, qu’il assurait sur l’antenne populaire de Radio Olinda. Nous les mettrons en ligne au long des semaines et des mois à venir, dans une traduction française réalisée par Gérard Panthier.
Ces textes sont expressifs du regard porté par Dom Helder sur l’ordinaire de la vie, de sa familiarité avec les gens qui le vivent, et de sa manière de les aider à en tirer le meilleur : compréhensive et compréhensible, simple sans être simpliste. Expressifs aussi d’une pastorale nourrie de l’écoute des jours et de la prière des nuits.
Ces émissions étaient le pain quotidien des familles et des communautés qui, à Olinda et Recife, avaient le nom de « Rencontre de frères ». Par leur saveur, humaine et spirituelle, elles peuvent l’être aussi en d’autres temps et d’autres lieux…
José de Broucker

Tu n’as pas encore pénétré dans le domaine du grand silence - là et seulement là s’entend la voix de Dieu ! Est-il si difficile de pénétrer dans l’espace du grand silence ?...
Il ne suffit pas de se taire, de ne rien dire. Combien de fois, à l’intérieur de nous-mêmes, les plus grands orages n’éclatent-ils pas lèvres serrées !
S’il est vrai que le prix pour entrer dans le champ du grand silence est d’arriver à ce que les soucis, les inquiétudes, les problèmes ne nous agitent pas, n’y a-t-il pas le danger que le grand silence soit atteint seulement par ceux qui se détachent des problèmes de leurs frères, ceux qui voient sans rien voir, et entendent sans rien entendre ?...
Essayons de voir clair avec la grâce de Dieu.
Une chose est de s’occuper, une autre de se préoccuper. Se préoccuper c’est s’occuper à contretemps, s’agiter, perdre patience...
Saint Ignace de Loyola nous donne une règle pleine de sagesse : tout tenter comme si tout dépendait de nous et de nous seulement... Après, nous remettre, les yeux fermés, entre les mains de Dieu, comme si de Lui et seulement de Lui dépendait la solution...
Ce serait une erreur de ne pas essayer, de ne pas faire d’efforts, de ne pas nous remuer en tous sens...
Ce serait une erreur absolue, après avoir tout tenté, ne pas nous remettre entre les mains de Dieu.
Le psaume nous invite : « Confie tes soucis au Seigneur ». Il est clair que seulement ceux qui ont fait tout leur possible, avec une pointe d’impossible, ont le droit de confier leurs soucis à l’abîme de miséricorde qu’est le Cœur du Christ...
Mais aussi, quand on a fait tout ce qu’on a pu, c’est merveilleux de fermer les yeux et de sauter dans le noir...
Quand les mots s’effacent, quand les soucis s’endorment, quand nous nous remettons vraiment entre les mains du Seigneur, le grand silence nous plonge dans la paix, dans la confiance, dans la joie...
Et la voix de Dieu se fait entendre !
*La semaine prochaine : Embrasser*
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Dom Helder avait l’art des petites phrases, des formules qui font images, des anecdotes parlantes, voire des interpellations vibrantes. Nous en distillerons, au fil des temps à venir, dans une rubrique Fioretti. On en apprend et comprend davantage de lui en lisant des textes plus longs, plus élaborés : ainsi de son programme pastoral ou de ses L’Avent. Et en suivant Guides de lecture : théologiens, historiens, spécialistes de toutes disciplines....
Pour aller plus loin et plus profond, il y a les ressources des librairies, ou des bibliothèques (voir : Bibliographie)